« Une conversation avec Nicki Minaj » par Joe Budden [Traduction]

Un face à face honnête et touchant entre deux pionniers de l’industrie hip-hop.

Le 2 mars dernier, Nicki Minaj postait une vidéo sur Instagram annonçant l’arrivée d’une interview en compagnie de Joe Budden, son « frenemy » juré. Alors que les 2 artistes ont connu de nombreux déboires au cours de leurs carrières respectives, c’est pourtant souriants et sereins que ces derniers posent pour une vidéo. 1 semaine plus tard, l’interview – intitulée « A Conversation With Nicki Minaj » – est dévoilée. L’occasion pour les fans de plonger un peu plus dans l’intimité et l’esprit de la reine du Rap.


RETRANSCRIPTION

NOTE DE LA RÉDACTION : Pour rendre votre lecture plus agréable et pour aérer le texte, nous avons séparé la retranscription en plusieurs blocs – un peu comme une interview. Nous tenons néanmoins à préciser que la retranscription est segmentée de manière pertinente et se lit à la suite.

La team HNM
I. UNE CONVERSATION AVEC NICKI MINAJ

Joe Budden : « Merci de m’avoir rejoint. »

Nicki Minaj : « Merci de le recevoir. »

Joe Budden : « Comment ça va? »

Nicki Minaj : « Je vais bien. Je suis bénie. »

Joe Budden : « Tu es bénie entre tous? »

Nicki Minaj : « Exactement *rires* »

Joe Budden : « Il y a tellement de choses dont je dois te parler. Par où est-ce que je commence? Quand est-ce que ça a commencé, nous deux? Je vais commencer par notre Cypher pour BET. Je pense que c’était quelque part en 2009. Il y avait moi, toi, Wale et d’autres personnes. Le mot était passé et les gens savaient que tu étais dans ce cypher. Ils savaient que tu venais et que tu rappais bien, donc il fallait qu’on travaille nos punchlines. »

Nicki Minaj : « C’est pas vrai, tu mens ! »

Joe Budden : « Non, c’est vrai, je te le dis comme ça s’est passé. J’avais ma petite caméra. J’ai tout filmé. Je t’ai même passé la cigarette pendant ton couplet. Mais quand je regarde ça aujourd’hui et que je vois ton évolution, et que je vois mon évolution, voir comment nos routes se sont entremêlées, je trouve ça beau. Puis je vais sur ton Instagram et je vois que t’as posté une photo de toi en 2008 en comparaison d’une photo de toi en 2022. »

Nicki Minaj : « Tu trouves pas ça dingue?  C’est un peu sorti de nul part. »


II. NICKI MINAJ & LA CHIRURGIE

Joe Budden : « Mais qu’est-ce que cette Nicki dirait à l’ancienne Nicki? »

Nicki Minaj : « J’aurais aimé apprécier plus de choses. J’aurais aimé pouvoir m’aimer un peu plus. Aimer mes tenues un peu plus. Profiter de ce talent pur qui n’était pas effacé et critiqué par les moqueries des autres. Tu vois? »

Joe Budden : « Déjà à cette époque? »

Nicki Minaj : « À cette époque, j’étais dans un bon état d’esprit, celui que les artistes ont quand on commence à percer et qu’on se dit qu’on va pouvoir faire ce qu’on aime et rendre les gens heureux. Avant que tous les problèmes n’arrivent. Que ça soit les labels, tout ça. Et souviens-toi que les réseaux sociaux commençaient seulement à apparaître lorsque j’ai débuté. J’étais le cobaye de beaucoup de personnes. J’étais l’une des premières qui se faisait cracher dessus non-stop sur les réseaux sociaux. Chaque jour je me connectais et c’était une nouvelle histoire, une photo moche. C’était pas acceptable d’avoir recours à la chirurgie, même si à cette époque je n’avais subi aucune intervention chirurgicale. J’ai eu des injections dans les fesses. Et jusqu’à aujourd’hui, je me rends compte que quand je l’ai fait – sans même consulter d’autres personnes – c’était dingue. C’est pas comme si j’étais allée voir un docteur compétent. Non, c’est une personne lambda qui vient chez toi. »

Joe Budden : « T’as fait ça dans le Bronx? Dans le Queens? »

Nicki Minaj : « J’étais à Atlanta à cette époque. Et ce qui s’est passé, c’est que je traînais beaucoup avec Wayne. Et à cette époque, il parlait beaucoup de gros culs. Et à chaque fois, il était avec une nouvelle meuf au studio. Et à chaque fois, c’était une nouvelle chérie, un nouveau gros cul. »

Joe Budden : « Un soutien créatif? »

Nicki Minaj : « *rires* Un nouveau gros fessier. »

Joe Budden : « Une muse. »

Nicki Minaj : « Oui, c’est ça. C’était ses muses. Je veux pas manquer de respect à ces femmes parce qu’elles jouent un grand rôle dans le parcours d’un rappeur. Parce que quand elles étaient là, elles lui donnaient de l’énergie. Surtout avec leurs réactions. Il faisait un truc derrière le micro et il voyait comment elles réagissaient, de manière naturelle. Elles étaient ses muses. Mais du coup, j’étais toujours avec elles. J’étais leur petite sœur. À Wayne, Mack, Jae Mills & Gudda Gudda étaient là aussi. Et à chaque fois qu’ils parlaient, ils parlaient de gros culs. Et je ne me sentais pas complète, ou assez bien. Pas aussi bien que ces filles. Je me disais que je devais ressembler à ça dans la culture Rap, et ce n’était pas le cas. »

Joe Budden : « Et tu te disais ça à toi-même, ou eux te disais ces choses? »

Nicki Minaj : « Ils ne m’ont jamais dit ça. Enfin non, je mens. Je pense que Wayne a déjà dit des trucs en blaguant. Mais à une jeune fille et rappeuse, quand ça vient de quelqu’un comme Lil Wayne, ça compte. Même s’ils blaguent, ils ne se rendent pas compte que la personne à qui ils racontent ces blagues ne les trouve pas drôles. Maintenant que je suis plus vieille, je comprends : parfois, tu vas dire quelque chose devant une personne et tu vas penser que cette personne sait qu’elle est belle, qu’elle est intelligente ou talentueuse. Tu penses savoir ce que cette personne ressent à propos d’elle-même. Donc tu vas dire certaines choses. Mais dans la plupart des cas, tu ne sais pas à quel point cette personne est mal dans sa peau. Quelles sont ses insécurités. Donc quand tu dis ces choses, tu ne peux plus annuler tes paroles. Donc peut-être qu’ils blaguaient avec moi, en pensant que j’étais confiante, ils ne savaient pas que j’avais ces insécurités. Ils ne pensaient pas à mal. Mais ça ne sonnait pas comme des blagues pour moi. Je rigolais, mais je ne trouvais pas ça drôle. »

Joe Budden : « Et comment tu as vécu cette expérience, à l’époque? Je te demande parce qu’aujourd’hui, c’est presque comme si pour être une rappeuse, il te faut absolument le corps pour débuter. Et je veux pas me mêler des affaires des femmes mais… »

Nicki Minaj : « C’est une histoire de rap. »


III. NICKI MINAJ & LE STANDARD DE LA RAPPEUSE

Joe Budden : « Que penses-tu de cette évolution? De cette blague que Wayne t’a faite à cette situation où on s’en fout de savoir si tu sais rapper, on s’en fout de savoir si tu te sens bien avec toi-même, mais si tu veux notre soutien, il faut la plastique. »

Nicki Minaj : « Je ne pense plus que c’est à cause des hommes. Je pense que ce sont les femmes. C’est la perception qu’elles ont de ce que doit être une rappeuse. Elles pensent que c’est à ça qu’elles doivent ressembler. Je me souviens que je ne voyais jamais de rappeuses avec des cheveux roses. Les cheveux roses sont devenus une des cases à cocher dans ce ‘starter kit’. Chaque rappeuse que tu croiseras porteras des perruques roses à un moment de sa carrière. Et je me souviens que c’était un truc que seule Nicki Minaj faisait. C’est pour ça que quand j’ai dit ‘pink wig, thick ass’, c’était une phrase iconique de Nicki Minaj parce que c’est ce qu’elle est. Mais aujourd’hui c’est tout le monde : perruque rose et gros cul. »

Joe Budden : « Tu te sens responsable de tout ça? »

Nicki Minaj : « Oui. Et j’étais la première à dire que je n’étais pas la mère de ces gens, mais aujourd’hui, je comprends et je vois ça sous un autre angle. Les superstars deviennent des modèles pour les autres, peu importe qu’elles le veuillent ou non. Tu peux être le drogué le plus bizarre au monde, s’ils aiment ta musique et qu’ils l’écoutent en boucle, ils vont peut-être essayer certaines des choses dont tu parles. Je me rappelle avoir parlé d’un truc avec Future que je n’oublierai jamais, et il a rigolé en me le disant. Il m’a dit que les gens pensaient qu’il fumait beaucoup de drogues parce qu’il rappe tout le temps sur le sujet, mais peu de gens savent qu’il supporte mal ça. J’ai un peu buggé dans ma tête. Parce que Future a beaucoup de fans, et ils se sentent proche de lui parce qu’ils font ce que lui rappe. Mais ils ne savent pas qu’il est pas comme ça. Voilà pourquoi c’est important. Mais tu ne peux pas plier un artiste à tes besoins. Juste parce qu’un artiste est un modèle signifie que c’est une mauvaise personne. Juste parce qu’un artiste est un modèle ne laisse pas le droit aux autres de dire s’il est bon ou mauvais dans ce rôle parce qu’il rappe sur certains sujets. C’est de l’art. Et je veux aborder le sujet parce que je sais qu’ils sont en pleine discussion pour utiliser les lyrics des rappeurs contre eux au tribunal. C’est dingue. Tu imagines si on rendait responsable les metteurs en scène pour tous les meurtres qu’ils montrent dans leurs films? Et les acteurs? Et les producteurs? »


IV. NICKI MINAJ & LA PERCEPTION DU HIP-HOP

Joe Budden : « D’accord. Je vais amener un peu de recul à tout ça. Si Bruce Willis tuait 15 personnes dans un film, personne ne réagirait. Mais s’il se mettait à tuer des gens dans la vraie vie, on devrait retourner voir ce film et l’utiliser contre lui au tribunal, non? »

Nicki Minaj : « Mais on le ferait pas. Le rap est le seul genre de musique, selon moi, qui est vilipendées. Depuis le début, nous avons été traités comme les méchants. Ils nous blâment depuis le début. C’est pas comme s’ils le faisaient aux acteurs. Ça aurait été différent si ça avait été le cas. Mais Bruce Willis n’a pas une cible dans le dos au quotidien, en tant qu’acteur. Les rappeurs, oui. Ils nous analysent, analysent d’où on vient. On ne choisit pas d’où on vient. C’est pas de notre faute si on vient des quartiers, qu’on avait rien et qu’on a dû faire certaines choses pour survivre. Je suis presque certaine que Bruce Willis n’a pas eu à faire ces choses. Il est vu comme un citoyen plus en accord avec la loi. Donc nos esprits ne feraient même pas le rapprochement avec ses films s’il se retrouvait au tribunal. »

Joe Budden : « Il a le droit d’être Bruce quand il rentre chez lui. Mais toi tu ne peux pas être Onika. »

Nicki Minaj : « C’est ça. Lui et moi sommes jugés à un degré différent. Depuis le début. Donc je ne pense pas qu’ils parleraient de ses films, surtout en tant qu’acteur blanc. Peut-être si c’était une des séries de 50 Cent. C’est une question de culture. Si c’était un film de noirs, ils nous feraient le coup. Je ne pense pas qu’une culture majoritairement blanche traverse la même chose. »

Joe Budden : « Tu as vu ce que Eric Adams, le maire de New-York, a dit… »

Nicki Minaj : « Oh, à propos de la drill? »

Joe Budden : « Ouais. Il a dit que son fils lui a fait écouter une chanson et lui a dit que c’était dangereux. Puis il est allé au JT et a dit que la drill devait être abolie. Tous les rappeurs ont réagi. Mais ouais, Eric Adams trouve que la drill est une menace pour la société et que c’est pour ça que le taux de criminalité à New-York a augmenté. »

Nicki Minaj : « Honte à lui. »

Joe Budden : « Il devrait pas laisser quelqu’un d’autre que son fils l’éduquer sur le sujet? Et il devrait pas passer plus de temps à s’informer plutôt que d’en parler directement le jour d’après? »

Nicki Minaj : « Je pense que si on se penche sur la question… Pourquoi fait-il tout ça? La raison est probablement pour pointer du doigt. Pour blâmer la drill et montrer qu’il a fait quelque chose. C’est stupide. Est-ce que la drill music existait dans les années 80? Pourquoi est-ce qu’ils avaient fait la campagne ‘Just Say No’ durant le pic de meurtres et de consommation de drogue à New-York? C’était à cause de la drill music, M. Adams?! »

Joe Budden : « Je crois qu’ils ont blâmé le hip-hop dans les années 80. »

Nicki Minaj : « Oh mon Dieu… Mais ils n’ont pas blâmé le rock? Les rockstars? Le Rock N Roll a été conne pour ses fêtes constantes. Leur slogan, c’est pas ‘Sexe, Drogues et Rock N Roll’? Mais quand tu vois un de ces rockeurs blancs, nos esprits ne pensent pas à la drogue et aux crimes. Pourquoi? »

Joe Budden : « C’est une image et un traitement différent. J’allais te demander ce que tu penses de la longévité dans le rap en tant que femme. Mais quand tu penses aux rockeurs et à leur longévité, ça va jusqu’à 50-60 ans. Ça fait combien de temps que t’es là toi? »

Nicki Minaj : « Techniquement, 2007. »


V. NICKI MINAJ & LA LONGÉVITÉ DES FEMMES DANS LE HIP-HOP

Joe Budden : « Est-ce que tu ressens qu’on attend de toi que tu montres ce à quoi ressemble la longévité d’une carrière pour une femme dans le hip-hop? »

Nicki Minaj : « Évidemment. »

Joe Budden : « Parce que t’es littéralement le… J’ai pas envie de dire le BluePrint, mais on en est à ce stade aujourd’hui. Kim a fait son temps. Foxy a fait son temps. Lauryn. Missy. Aujourd’hui, tu fais ton temps et tu peux faire ce que tu veux. C’est une ère et un temps différent. Est-ce que ça fout un coup de pression? »

Nicki Minaj : « Bien sûr. Au début de ma carrière, je disais toujours dans mes interviews que selon moi, les rappeuses n’avaient pas les remerciements qu’elles méritent. Sur le long terme. Selon moi, les rappeuses avant moi auraient dû se retirer en étant des entrepreneuses. Je demandais toujours pourquoi il n’y avait pas cette version féminine de Jay-Z? Alors qu’à l’époque, quand je débarquais, on pouvait voir qu’il avait ça en lui. Je voulais être cette personne. Et même ce que j’ai fait, je… Je sais que je n’ai pas encore réalisé ce que je veux et ce que je dois réaliser pour y être. Parce que je parle d’une entrepreneuse complète. Mais est-ce que ces femmes en avaient l’opportunité à l’époque? Beaucoup de rappeurs, à cette époque, n’ont jamais eu 1 million de dollars par shows. Ils n’ont jamais eu ce qu’ils méritent pour les portes qu’ils nous ont ouvertes ou pour leur talent et influence. Ils n’ont jamais été récompensé pour toutes ces choses. Et aujourd’hui ils voient des artistes qui ne sont pas aussi talentueux qu’eux réaliser tout ça à cause des réseaux sociaux, d’où on est aujourd’hui. Et je sais que ça doit être difficile pour eux à voir. Parce que aujourd’hui, ils ne peuvent même pas envoyer leurs petits-enfants à l’université. Alors qu’ils ont façonné notre culture. Ils devraient être capable d’envoyer les petits-enfants de leurs petits-enfants à l’université, si on se basait sur ça. Mais ils ne peuvent pas. »

Joe Budden : « Non, ils ne peuvent pas se le permettre. »

Nicki Minaj : « Donc ça a toujours été mon objectif de montrer que tu donnes et sacrifie tout et tu ne peux même plus voir ta famille. Tu rates les fêtes comme Noël, Thanksgiving, et quand les années passent, les gens se mettent à mourir. Et ça te fait réfléchir. Tu te demandes si ça en valait la peine? Parce que t’as raté l’instant présent. Tu ne pourras jamais récupérer ces souvenirs. L’une des pires déception de ma vie, c’était quand mon petit frère a été diplômé de l’école primaire. Je me souviens m’être énervée contre ma mère parce qu’elle ne m’avait pas dit qu’il allait être diplômé. Et elle pensait que ça n’avait pas d’importance pour moi. Évidemment que ça compte pour moi. Le fait qu’il était devant tout le monde et qu’il n’a pas pu voir sa grande sœur, j’étais détruite. J’étais en Europe à cette époque. Et j’aurais réarrangé ma tournée si j’avais su qu’il allait recevoir son diplôme. Et si tu regardes, même ta famille commence à se dire qu’ils ne veulent pas te déranger. Alors que ce sont les choses dont j’ai besoin. Elles sont importantes pour moi. Je suis un être humain. En tant qu’artiste, si tu n’as pas de vie quotidienne, et que tu ne connais pas le véritable amour, sur quoi tu vas écrire? C’est pour ça que les gens aujourd’hui écrivent sur tout et n’importe quoi. Un tas de conneries. C’est pour ça que les gens se retrouvent toujours à écouter les premiers sons d’un artiste. Quand tu débutes, tes émotions se ressentent. Je dois me rappeler tous les jours de vivre l’instant présent. Parce que je suis toujours à penser à demain. Je rate énormément de choses au quotidien parce que je suis présente physiquement mais pas mentalement. 

Joe Budden : « Tu passes combien de temps toute seule? »

Nicki Minaj : « Et bien… Je passe beaucoup de temps seule. J’adore être seule. Je suis ce genre de personnes qui aime revenir de tournée et être seule dans ma chambre pour regarder la télé et faire ce que je veux faire. Je n’ai jamais été ce genre de personne qui a besoin de sortir en boîte et être entourée de gens. Mais je pense que c’est important pour moi d’essayer. Mon mari et mon fils sont à mes côtés, mais je passe un certain temps dans mon propre espace. »

Joe Budden : « Bien. Tu as parlé un peu plus tôt d’entrepreneur et que ça devrait être important à ce moment de ta carrière. Que penses-tu devoir encore faire ou ajouter pour atteindre cette vision? »

Nicki Minaj : « Tous mes projets de beauté. Comme le maquillage, les perruques, les vêtements, les chaussures, etc. »

Joe Budden : « Donc tu prépares toutes ces choses? »

Nicki Minaj : « Oui. C’est en cours. Mais il y a des choses que j’ai mis en pause ces 2 dernières années parce que je ne veux pas négocier des contrats alors que je ne suis pas au meilleur de ma forme dans ce que je présente au monde. Tu veux négocier tes contrats en tant que basketteur quand tu marques 40 points par match, pas quand t’as fait une saison de merde, pas vrai? Tu veux être payé à ta juste valeur. Donc je n’ai pas ressorti de chansons et… »


VI. NICKI MINAJ & LES ERREURS DE CARRIÈRE

Joe Budden : « Mais la musique que t’as sortie récemment a été bien reçue. »

Nicki Minaj : « Pas vraiment. Tu te souviens qu’avec l’album Queen, il y a eu beaucoup de merdes qui ont été dites et faites. Donc je ne pense pas que l’album a été présenté correctement. »

Joe Budden : « Bien reçu, mais pas présente correctement. »

Nicki Minaj : « Oui. Et je ne pense pas que j’étais bien mentalement. Même avec ce que j’en ai fait après. Je ne pense pas m’être présentée au monde comme j’aurais dû, sur mes propos et la manière de les dire. »

Joe Budden : « C’était des moments durs. Est-ce que tu te sentais obligée de sortir quelque chose? »

Nicki Minaj : « Non, je pense que je n’aurai même pas dû sortir d’album. Je n’étais pas prête. Mais les VMA’s arrivaient, et une des artistes sur mon label sortait son projet, donc je voulais m’assurer que nous avions notre propre semaine. C’était stupide. Tu ne bases jamais ton art autour d’une remise de prix. Parce que quand ton art est bon, les prix viennent à toi. Tu n’as pas besoin de courir après. L’album n’aurait pas dû sortir à cette époque. »

Joe Budden : « Donc comme d’autres artistes, tu as décidée de te retirer pour te reprendre en main. Ton dernier projet c’était y a 4 ans ! »

Nicki Minaj : « J’allais sortir quelque chose après ça. Mais je suis tombée enceinte. Donc j’ai dû décaler tout ça, parce que je ne voulais pas tourner de clips en étant enceinte. Je ne voulais pas enregistrer et dire certaines choses dans mes chansons en étant enceinte. Le Covid également. 2 gros trucs se sont enchaînés comme ça. Je peux pas te dire à quel point c’est difficile d’être enceinte durant le Covid. Juste aller voir le docteur, c’était si difficile et terrifiant. Tu ne sais pas comment ça se passe, surtout pour ton premier enfant. C’est un poids lourd sur tes épaules. Donc je tombe enceinte, il y a le Covid. Ensuite j’accouche, et en tant que femme, tu dois te remettre en forme. »

Joe Budden : « C’est vraiment pas juste pour vous. Pourquoi vous avez très peu de temps pour retrouver la ligne, vous remettre en forme et revenir à votre vie normale? Pourquoi vous ne pouvez pas vous reposer? »

Nicki Minaj : « Tu peux. Certaines le font. Mais il y a un prix à payer si tu te reposes. Mais moi j’ai pris le temps de créer des liens avec mon fils. Certaines personnes accouchent et filent directement à la salle. Je ne pourrai pas. Je ne voulais pas accoucher et lui trouver une nourrice. Il en a toujours pas d’ailleurs *rires*. C’est difficile. J’en ai engagé quelques unes, mais ça ne marchait pas pour le moment. Je vais devoir travailler, partir en tournée, et je ne pourrai pas tout le temps m’occuper de lui. »

Joe Budden : « C’est un peu des montagnes russes. Tu prépares un album. Il y a le Covid. Ta grossesse. Ton bébé. Te reprendre en main. Ça t’a permis de te retrouver ! »

Nicki Minaj : « Oui. Surtout que j’ai eu le syndrome de la page blanche. Très difficile. C’était durant la grossesse. »


VII. NICKI MINAJ & SON RETOUR AU RAP

Joe Budden : « Tu écrivais de la merde? *rires*

Nicki Minaj : « Oui *rires* Mais en vrai, je n’écrivais rien du tout. J’avais aucune idée. J’étais tellement inquiète pour le bébé. J’étais tous les jours sur Internet à regarder des vidéos et faire des recherches sur ce que d’autres femmes enceintes faisaient. Il y avait beaucoup de femmes qui documentaient leur quotidien pour que tu trouves facilement des réponses aux questions que tu te poses. J’étais happée par ces vidéos parce que c’est ce qui m’inquiétais, pas de savoir quel couplet j’allais écrire. »

Joe Budden : « Ça t’a pris combien de temps d’en sortir? »

Nicki Minaj : « C’était avec Seeing Green. J’ai écrit à Drake une fois en lui disant que le label voulait sortir Beam Me Up Scotty, et je ne pouvais pas sortir ce projet sans proposer quelque chose d’autres, tu vois? Et je lui ai demandé sur quels sons il pensait que je devrais poser qui marchaient plutôt bien. Et au lieu de me dire, il m’a envoyé le son en me disant de poser dessus. Et je pensais qu’ils avaient déjà sorti le son, parce que Wayne et lui étaient déjà dessus. Et j’ai essayé d’écrire sur le son, mais rien n’en sortait. Je disais n’importe quoi. »

Joe Budden : « Drake et Wayne sont les deux dernières personnes à côté desquelles t’as envie de passer pour une conne. »

Nicki Minaj : « *rires* Exactement ! J’ai dû envoyer 6 couplets différents. »

Joe Budden : « Tu sais ce qui est drôle avec toi? D’un point de vue extérieur évidemment. Tu es celle qui te met la pression face aux autres hommes. Même aujourd’hui. Tu ne sors pas 1 mais 2 sons avec Lil Baby. Et tu y vas à fond. Et une fois de plus, tu t’associes aux mecs qui sont au sommet. Donc tu aimes cette pression. »

Nicki Minaj : « J’ai besoin de cette pression. Comment les gens s’améliorent sinon? J’veux dire… »

Joe Budden : « Mais tu te mets toujours dans la catégorie des mecs. Tu demandes à ce qu’on t’y mette. »

Nicki Minaj : « C’est parce que c’est ce que j’aime dans le rap. Je suis tombée amoureuse de ceux qui rappent le mieux. Ceux qui ont le meilleur couplet sur un son. J’ai toujours été comme ça. J’ai toujours été attirée par Foxy Brown parce qu’elle rappe comme un bonhomme. Sa précision et sa prononciation, la clarté de ses mots sont incroyables. Je veux être comme ça. Je n’avais jamais pensé à ce que les gens pensaient sur le rap. Je me demandais qui avait le meilleur couplet sur tel ou tel son. Les gens ont même essayé de me faire sortir de cet état d’esprit pour que le niveau soit abaissé pour les femmes. Ça me sortait des ‘on s’en fout du texte’ ou ‘qui se soucie si c’est lourd?’  T’imagines dire à Michael Jordan que le basket-ball ne devrait pas tourner autour de tes statistiques et tes nombres de paniers. T’imagines dire à Mike Tyson ou Muhammad Ali que la boxe ne tourne pas autour de ta technique? Personne ne leur dirait ça. Ce sont les grands dans le milieu du sport. Mais dès qu’il s’agit de rap et les femmes dans le rap, ils voulaient que je baisse le niveau et que je dise que ça n’avait pas d’importance d’écrire ses textes et d’avoir des couplets sans aucun sens. Mais c’est pas le cas pour moi. Si c’est le cas pour toi, fais ce que tu veux. Mais pourquoi je devrais penser comme toi si c’est pas le cas? »

Joe Budden : « Tu n’as pas à le faire. »

Nicki Minaj : « Je ne l’ai pas fait. Et je ne le ferai pas. »

Joe Budden : « C’est plus facile de te mettre dans cette case avec les hommes. Parce que si tu te mets à rapper comme les autres femmes, les gens faibles d’esprit vont penser que c’est ouf alors que c’est juste du rap agressif. Je pense qu’il y a un truc qui est forcé pour que les meufs soient gentilles entre elles. Je le vois. Elles sont gentilles les unes avec les autres ou elles respectent l’espace d’autrui. Je vais pas être le genre de mec à se mêler de ça, mais j’aime beaucoup. T’as remarqué? »

Nicki Minaj : « Oui. Mais ça ne vient pas d’un espace sain. Ça vient de…. Tu sais quoi, c’est une bonne chose. Passons à autre chose. »

Joe Budden : « Peu importe d’où ça vient, c’est un bon truc. »

Nicki Minaj : « Oui c’est un bon truc. »

Joe Budden : « Et c’est en lien avec ton histoire avec les City Girls – ce qui s’est passé sur Internet. Peu importe d’où c’est parti, c’est allé vers cette direction de réconciliation. Pas besoin du drama. »

Nicki Minaj : « C’est vrai. »


VI. NICKI MINAJ & QUEEN, SON QUAtriÈme album

Joe Budden : « Revenons-en à ton dernier projet et comment tu as géré tout ça. Ça semble logique lorsqu’on te voit en paix dans ta manière de te présenter aux gens aujourd’hui. C’est un sans-faute. Je parle de la manière dont t’as géré la sortie du son. T’étais au match de basket. T’as mis Lil Baby sur les 2 sons. Ton clip qui ressemble à un film. Pour moi ce sont des efforts de dingue dans ta manière de gérer les choses. »

Nicki Minaj : « Oui. Et pourtant ce n’est même pas pour l’album. C’est juste une chanson rap. T’as raison. »

Joe Budden : « Même ça. Nicki Minaj sort 2 sons : l’un va être le bon petit single, et l’autre va être pour s’ambiancer. Mais là, c’était un peu les 2. »

Nicki Minaj : « Oui. Parce que j’étais absente depuis si longtemps que j’avais besoin de me surpasser. Mais au-delà de ça, à chaque fois qu’un son marche, les gens oublient qui ils sont et suivent la tendance. »

Joe Budden : « Ouais, alors que t’étais toi sur ce son. »

Nicki Minaj : « Ouais. Parce qu’en ce moment il y a un certain nombre de rappeuses qui essayent de faire le même son. Pas toutes, mais quelques unes. Et j’ai reçu certains refrains qui y ressemblaient. Et je ne me voyais pas faire ça. Le dernier album, j’ai fait pareil avec Chun-Li. Parce que tout le monde voulait faire de la trap. Donc j’ai fait exprès de louer un studio à L. A. et de demander qu’on me propose un son à la new-yorkaise qui ne ressemblait pas à de la trap. C’est comme ça qu’on a eu Chun-Li et Barbie Tingz. Aujourd’hui, si je sortais un son que tout le monde fait, je ne serai pas en paix avec moi-même. Selon moi, je dois faire ce que je veux faire. Dédicace à mes fans. Je ne voulais pas balancer un son trop explicite non plus. C’est ce que tout le monde fait. Soit ça ou alors un refrain qui ressemble à ce que d’autres font. Peu importe qu’ils aiment ces sonorités ou que leur équipe leur dit de le faire. Mais si tu fais ce plusieurs fois, qui es-tu en tant qu’artiste? Tu t’oublies. Les gens oublient. Si tu sautes sur chaque tendance, tu te retrouves à ne pas avoir de sonorités ou de personnalité. Aujourd’hui, quand ils parlent de rappeuses, ton identité s’envole. T’as plus aucune chance d’atteindre une certaine longévité. Ton nom ne va pas rester dans le temps. Tu dois faire attention. Parce que tu peux avoir les plus gros hits à ce moment-là, mais après ça, tu te retrouves à ne plus avoir de personnalité. »

Joe Budden : « Mais personne ne leur parle de l’après. De ce qu’il se passe quand tu te cherches et que tu n’y arrives pas. Certaines personnes ne sont pas là pour bosser et nourrir leurs enfants. Certains veulent une notoriété rapide et les hits faciles pour ensuite avoir leur chèque et partir. »

Nicki Minaj : « Je pense que tu as raison. »

Joe Budden : « Comment tu évites de tomber dans ce cercle vicieux? Comment tu fais pour créer et faire ton truc sans te soucier de ce que les fans ou le label te disent? Comment tu évites l’ennui avec ta créativité? »

Nicki Minaj : « Je sais pas… Je pense que ça vient de moi et du fait que je sois naturellement dur avec moi-même. J’ai des sons que, si je les sortais maintenant, ça cocherait toutes les cases que ces gens aimeraient que je coche. Mais je ne veux pas ce que les gens veulent. Je veux garder mon intégrité. Je veux pouvoir me regarder dans le miroir et savoir que je suis quelqu’un de solide. Ça ne me dérange pas qu’on me traite de salope. Mais je suis une personne droite et solide. Donc en tant qu’artiste, j’ai le même standard. Je ne peux pas suivre le même chemin que le vent pour vendre ou me classer. Je n’ai pas besoin d’être dans cette course comme les autres. Les gens pensent que pour être le meilleur dans le rap aujourd’hui, c’est grâce aux #1 aux Hot 100. Mais quand tu regardes l’histoire du rap, tu ne verras jamais personne discuter qui est le meilleur MC en se basant sur ses #1. Tu ne verras jamais personne se justifier en demandant qui a le plus de #1 entre Jay-Z, Biggie et Nas. Qui a eu le plus de Grammys? Jamais tu n’entendras un fan de hip-hop répondre à cette question. Je pense que beaucoup de gens pensent que c’est ce qui compte. Mais c’est pas le cas. Parce qu’on aurait arrêté de parler de moi sinon. Mais c’est pas ce à quoi on tient. Ce qui nous intéresse c’est la technique. Certaines personnes que j’écoute n’ont pas de métaphores, et c’est leur style. Les gens pensent que je considère un seul type de rappeurs comme bons. Pas du tout. Il y a beaucoup de rappeurs qui ne rappent pas comme ça. Mais tu peux voir la passion dans ce qu’ils font et leur authenticité, sans retourner leur veste parce qu’il y a une nouvelle tendance sur le marché. C’est un niveau différent de respect que tu as pour ces gens. »


VIII. NICKI MINAJ & SES PROJETS FUTURS

Joe Budden : « En parlant de respect, tu as dit que tu ferais un Verzuz avec une ou deux personnes. Nous avons tous deviné qui. Je sais qui est une de ces personnes. Ça devrait être Kim. L’autre, je n’ai aucune idée. J’étais assez perturbé. Je me suis dit que tu avais dit ça pour troubler les gens. Qui d’autre ça pourrait être ? Missy, peut-être. Foxy je pense pas. C’est Kim et Missy. Peut-être Lauryn, mais même ça je ne pense pas. »

Nicki Minaj : « J’ai mentionné le nom de personne. Et je ne dirai pas leurs noms. »

Joe Budden : « Mais c’est quelque chose que tu serais prête à faire? J’ai l’impression que tu veux juste monter sur scène et massacrer l’autre personne avec tes hits. »

Nicki Minaj : « *rires* Non. Parce que je vois ça sous l’angle d’une fan de rap, pas de Nicki Minaj. Et je pense qu’il y a beaucoup… Si quelqu’un joue ses tubes et les fans deviennent fous et ont des souvenirs, c’est bon. »

Joe Budden : « Kim et toi, vous devez le faire. En entendant ce que tu dis, faut que ça arrive. Sinon, il y a quelques minutes tu as parlé de lancer des projets qui seront très gros, ce qui me fait penser au documentaire. »

Nicki Minaj : « Oui, le documentaire arrive. Quand il sera prêt, je le ferai savoir à tout le monde. Parce que mes fans se font des idées après. Ça sortira quand ça sera prêt. Je ne dis plus rien aujourd’hui. Parce que beaucoup de gens épient. »

Joe Budden : « Ok, tu peux m’en dire plus sur ta compagnie de management? Parce que je veux entendre ce que tu penses et voir quelle vision tu as pour ton image de marque sur les 5 prochaines années. Parce que t’as déjà tout fait en musique. J’ai l’impression que te parler de musique, de ce que tu as vécu et traversé, c’est presque obsolète parce que tu as déjà un héritage. Tu as un certain statut et tout ce que tu feras après ne changera pas ça. Mais quand je vois Rihanna et Fenty, Kim et Skims, Kash Doll qui se lance dans l’acting, et puis je pense à l’un des plus grands noms que nous avons. Tu m’intringues quand j’imagine ta façon de penser. Parce que je pensais pas que le management serait une passion pour toi. »

Nicki Minaj : « Ce que je veux dire, c’est que je vais créer ma propre compagnie pour me gérer. Et en cours de route, on pourra gérer la carrière d’autres personnes. Donc je m’entoure de personnes importantes et compétentes. Il y a des gens autour de moi qui, je pense, sont vraiment bons dans ce qu’ils font. Aujourd’hui, il y a certains posts qui sont ouverts et je vais créer ma propre compagnie de management, plutôt que de signer et laisser quelqu’un profiter d’un certain pourcentage de ce que j’ai construit depuis tant d’années. Je vais créer ma propre équipe et avoir différentes équipes. Ça sera plus simple pour moi. Je vais également créer mon label. J’ai quelques artistes que je vais signer. Mais ces choses seront discutées quand l’album sortira. J’ai également lancé Queen Radio sur une autre plateforme. Donc il y aura sûrement une conférence de presse d’ici quelques semaines. Je travaille également avec un réalisateur concernant un film. J’ai hâte pour ça. C’est un rôle plus important que ce que j’ai déjà fait. Et c’est aussi plus profond. Il est temps, pas vrai? Je peux pas jouer les petits rôles tout le temps. En plus de ça, à chaque fois que j’annonçais quelque chose sur Instagram, ça se vendait et ils faisaient du profit. Mais j’ai quelques compagnies avec lesquelles je prépare des choses, et quand je serais prête à l’annoncer, vous serez au courant. Évidemment, le maquillage et les cheveux, c’est ma passion. Les vêtements, les baskets aussi. Quand j’ai sorti ma collection Fendi, je suis allée en Italie et j’ai parlé à Sylvia et la marque. Elle m’a montré comment leurs ventes ont explosé suite à l’annonce de ma collection. Elle m’a également dit qu’avant le lancement, ils ne vendaient pas super bien les vêtements avec le motif Fendi. Les gens n’en voulaient pas. Moi je voulais. Dans Chun-Li, je mentionne les motifs Fendi. Une fois que Chun-Li est sorti, je n’avais pas de deal avec Fendi. Mais toutes les meufs se pavanaient en motif Fendi en citant la chanson. Donc Fendi m’a donné un deal. J’en ai parlé à Kanye. Je lui ai dit que j’allais faire un truc et que je voulais lui en parler d’abord, parce que je le respectais énormément. Et il m’a dit que s’il faisait ça avec moi, il ne pensait pas que Kim apprécierait l’idée. Parce qu’il devrait donner ce genre de collaborations à sa femme. Que s’il devait faire une version femme des Yeezys, ça devrait être avec elle. Et je comprends. Mais je voulais lui en parler parce que je connais mon influence. Mais en même temps, il faut faire attention. Kanye était très transparent sur le fait que l’industrie de la mode ne voulait pas de lui, au début. Donc si une rappeuse noire que tu connais te montre qu’elle rapporte dans cette même industrie, et qu’elle vient te voir en tant qu’homme noir qu’elle respecte, c’est parce que tu l’inspires. C’est parce que tu dis que l’industrie de la mode ne voulait pas de nous alors que nous sommes influents. Mais quand je lui en ai parlé, il m’a fait part des peurs de sa femme et on en a plus parlé. Je ne dis pas que c’est ce qu’elle a dit, parce qu’elle n’était pas là. Mais quand tu arrives à ouvrir une porte, il faut trouver un moyen d’avoir une autre personne noire de l’autre côté. C’est pour ça que ça nous demande autant de temps de s’imposer, même si nous sommes les personnes les plus influentes de la planète. »

Joe Budden : « C’est pour ça que te parler de Queen Radio était si important pour moi. Parce que oui, t’es forte quand tu le fais. Mais le symbolisme et ce que ça signifie pour Nicki Minaj d’être présente dans le domaine des médias, d’être consistante et passionnée par ça, ça montre l’exemple aux femmes qui essayent de suivre cette voix. Tu as besoin de cette représentation, comme Brian Flores à la NFL. C’est important, même dans l’industrie de la mode. Surtout quand on connaît ta relation avec la mode. »


IX. NICKI MINAJ & LE MANQUE DE RECONNAISSANCE

Nicki Minaj : « Tu te souviens au début, quand nous avons parlé de perruques roses et de gros culs? Tout le monde me connaissait pour les perruques roses. Aujourd’hui le hip-hop est le genre le plus influent dans le monde, pas vrai? Tu te dirais que la plus grande rappeuse de tous les temps, qui a influencé tellement de choses, serait en couverture de Vogue US? Ce n’est pas le cas. Quand Billie Eilish débarque et qu’elle lance la tendance des cheveux verts, elle est mise en couverture de Vogue. Mais quand une rappeuse noire qui a lancé des tendances pendant 10 ans, personne ne dit rien. Une des raisons pour lesquelles nous ne bénéficions pas de cette représentation, c’est parce que les gens doivent faire attention à la manière dont ils nous perçoivent. À la manière dont ils traitent les artistes, et personnes, noirs. Je me rappelle avoir fait des couvertures de magazines, et ils me demandaient de ne pas porter de perruques roses. Mais je voyais Katy Perry ou Lady Gaga en couverture de ces magazines avec les cheveux roses. J’ai débarqué dans ce milieu avec des cheveux roses et une frange. Mais quand il était temps d’être mise en avant sur certaines couvertures, ils voulaient que je sois plus sobre. Mais je suis une trendsetter. Je parlais avec Soulja Boy l’autre jour , et je lui disais que nous, en tant que communauté, on adore et on rigole quand il dit qu’il a lancé une tendance. Surtout qu’il a les preuves à chaque fois. Mais si je dis la même chose, je suis immédiatement perçue comme mauvaise. C’est mal vu pour une femme noire de dire ça. Et parfois, on se fait ça à nous-mêmes, en tant que femmes noires. Aucun blanc ne va dire que Billie Eilish n’a pas lancé cette tendance. Ils vont juste la laisser récolter les lauriers, qu’elle ait lancé la tendance ou pas. Elle est célèbre. Elle est belle. Elle influence les gens à porter une certaine coupe de cheveux. On l’aime. Moi je l’aime. Et quand elle est en couverture de magazines, elle est magnifique. »

Joe Budden : « Quand Soulja Boy en parle, on y trouve un certain humour. Je ne pense pas que ça serait pareil si tu le faisais. »

Nicki Minaj : « Pourquoi? Oublie côté humoristique. Je ne pense pas qu’il n’y a que de l’humour dans ce qu’il dit. Je pense qu’il y a de l’humour dans la vérité. Et la vérité se trouve dans l’humour. Et c’est pour ça que c’est plus drôle : parce qu’il y a des preuves. »

Joe Budden : “Certaines preuves sont tirées par les cheveux.”

Nicki Minaj : “Je parle pas de toutes, évidemment. Mais sur de nombreux sujets, les gens étaient choqués parce qu’il était le premier. Il n’a pas lancé toutes les tendances, mais c’est un lanceur de tendances.”

Joe Budden : “Et il éduque les gens qui auraient raté ces moments. Toi, tu ne peux pas faire ça.”

Nicki Minaj : “Pourquoi?”

Joe Budden : “C’est du harcèlement.”

Nicki Minaj : “Exactement. Tout ce que je dis et fais, c’est du harcèlement. C’est problématique.”

Joe Budden : “Tu as vendu trop de disques pour faire ça. Tu ne peux pas le faire. Je suis désolé de te l’apprendre.”

Nicki Minaj : “Tu te rends compte à quel point c’est ridicule?”

Joe Budden : “Écoute, dès que moi je parle de mes accomplissements, on me traite de narcissique. C’est pas que toi. Tout le monde a droit à l’avis des autres. Apparemment je suis égocentrique, une merde, qu’on s’en foutait de ce que j’ai pu faire.”

Nicki Minaj : “Vraiment?”

Joe Budden : “Lebron James a eu la même chose l’année dernière. On lui a demandé de la fermer et de dribbler. Les journalistes étaient sur son dos. Ils ne veulent rien entendre nous concernant, en-dehors des gens dans nos domaines respectifs et des marchés que nous avons influencé. Les domaines que j’ai influencé ne concernent pas la musique. C’est tout autre chose. Ça veut pas dire que je suis pas arrivé en chemin pour apporter ma pierre à l’édifice. Et ça justifie pas non plus qu’on me regarde bizarrement quand je dis que je l’ai fait. T.I. traverse un truc similaire et les comédiens sont sur son dos parce qu’il s’essaye au stand-up.”

Nicki Minaj : “Vraiment?”

Joe Budden : “Ouais. Il s’essaye au stand-up. Tant mieux pour lui. J’encourage les gens à se lancer dans des choses nouvelles. Mais, ce backlash dont tu parles, il le suffit. Tu fais un truc nouveau et c’est ton propre peuple qui est sur ton dos.”

Nicki Minaj : “Intéressant, je n’étais pas au courant de ça. C’est pour ça que je veux que tu comprennes que ça a de l’importance. Ça a de l’importance parce que quand j’en parlais à l’époque, les gens ne mesuraient pas mes paroles. Mais aujourd’hui, par exemple, quand tu parles et que tu dis ‘cette femme mérite un Grammy parce que quand tu vois les autres sur scène, tu vois son influence’. Que ça soit toi ou quelqu’un d’autre qui le dise, vous vous rendez compte qu’il y a un manque de reconnaissance. Aujourd’hui, ils distribuent les Grammy’s. Mais les gens avant ça, qui méritaient d’en avoir, vont devoir faire sans. Et ça arrive souvent. J’en parlais déjà à l’époque. Tu ne penses pas que quelqu’un qui a autant d’influence et qui a lancé des tendances, dominant le milieu depuis si longtemps, ne mériteraient pas d’être en couverture de tous les magazines de modes? Les gens ne comprenaient pas, mais quand tout le monde s’est posé la question durant la pandémie, ils se sont rendus compte que telle ou telle femme n’a jamais été représentée à sa juste valeur. Et ça, c’est parce qu’on se tire dans les pattes quand quelqu’un le pointe du doigt. C’est ce qui est arrivé avec les Grammy’s. Mais à l’heure d’aujourd’hui, les choses ont changé et ils récompensent les artistes noirs parce que nous avons utilisé nos voix. Tu comprends? Alors que l’industrie de la mode n’a pas fait de grands changements parce que nous n’avons pas été assez vigoureux concernant notre impact. Alors que nous savons ce que nous influençons, et qui nous influençons. Mais quand une personne noire s’exprime sur les tendances qu’elle a lancées, et qu’on lui demande de se taire, on arrivera jamais à progresser. Et c’est ce qu’ils veulent. Ils veulent qu’on ferme nos gueules. Mais aujourd’hui, on s’exprime davantage sur le sujet. Donc il y aura plus de personnes en couverture de magazines. Mais ça demande un effort commun de notre communauté. Si on se met à parler, les choses changent. Peu importe le domaine : c’est quand on se soutient les uns les autres que les choses changent. Il faut donc prêter attention quand vous voyez une personne noire parler de ses accomplissements. Il ne faut pas rabaisser la personne. On voit ça comme de la vanité. Mais les juifs ne se critiquent pas quand ils vantent leurs mérites. Les blancs non plus. Pourquoi nous sommes les seuls à le faire? On a dû constamment se rabaisser. On a dû constamment s’empêcher de briller et c’est ancré dans ce que nous sommes. Donc si tu commences à être fier de ce que tu fais, les autres se sentent mal à l’aise.”

Joe Budden : “C’est pour ça que c’est important pour moi d’être fier de moi et d’en avoir rien à foutre de ce que les gens disent à mon sujet. *rires* Mais tu dois apprendre à le faire. Avoir la peau dure s’acquiert au fil du temps. On parlait du fait que tu devais faire face aux blogs, aux vlogs, aux téléphones. T’as dû paver le chemin pour la génération d’après. C’est dur. Il ne faut pas prendre ça pour acquis.”

Nicki Minaj : “Il faudrait, dans notre communauté, laisser les autres parler de leurs accomplissements. Qu’on puisse parler de ce qu’on pense avoir réalisé. Il n’y a rien de mal avec ça. C’est pas tabou. C’est ok, tu vois?”

Joe Budden : “On devrait apprécier notre influence. Il faudrait arrêter de la policer pour pouvoir prendre part à toutes les zones où notre influence est visible.”


XI. NICKI MINAJ & SON INFLUENCE

Nicki Minaj : “Absolument. Je suis d’accord. En 2017… C’était en quelle année que j’étais à Paris pour la Fashion week? 2017 ou 2018?”

Joe Budden : “Je pense que c’était 2017.”

Nicki Minaj : “J’étais à Miami. Je revenais des VMA’s. Et tout le monde me disait que mes cheveux étaient incroyables comme ça. À cette époque, tout le monde portait des wigs noires avec la frange mi-longue. Donc je me préparais à voyager pour Paris. J’étais dans ma chambre, et dans la pièce il y avait Grizz — mon photographe de l’époque, Maher — mon styliste de l’époque, et Neal Farinah — mon coiffeur de l’époque. Et je leur ai dit : ‘Tu sais quoi? Personne ne veut m’accorder ce qui m’est dû, alors je vais porter mes perruques qui tomberont jusqu’à mes pieds. Noire, avec la frange mi-longue, jusqu’à mes pieds’. Je ne travaille plus avec eux aujourd’hui, donc ils te diront si je mens ou pas. Je leur ai dit que tout le monde portera ce style de perruques. Et ce fut le cas. Mais si ça avait été une petite nouvelle artiste blanche qui avait fait ça, elle se serait retrouvée en couverture de tous les magazines avec ce genre d’influences. Mais pas moi. Parce que si j’avais dit ‘vous vous souvenez en 2017, quand j’ai commencé à porter ces perruques?’, les gens de notre communauté m’auraient assailli de remarques. La raison pour laquelle on mentionne nos accomplissements, c’est parce que si nous le faisons pas, nous sommes effacés. Ils agissent comme si ce que nous faisons ne s’est produit. Tout ça pour minimiser notre influence. C’est pour ça que Kanye West répétait sans cesse qu’il nous était interdit de nous ramener dans les meetings des compagnies de mode. Si tu ne laisses pas une femme noire dire qu’elle arborait cette coupe de cheveux en 2017, quelqu’un d’autre s’emparera de ces mérites, et ils continueront à ne pas considérer les femmes noires. Ils minimiseront nos efforts pour cette culture.”

Joe Budden : “C’est un point très important que tu amènes.”

Nicki Minaj : “Parce que c’est vrai. C’est pour ça que Billie Eilish peut se ramener le lundi avec une nouvelle coupe de cheveux et se retrouver le mardi en couverture de Vogue. Ils n’ont pas à faire ça avec nous parce qu’on se tire dans les pattes. Oui, je suis celle qui a commencé à porter ses cheveux dans ce style. Qu’il repose en paix, mais Karl Lagerfeld avait adoré quand il m’a vu avec à Paris. Encore aujourd’hui, tout le monde porte cette coupe. Et on va faire genre que Nicki Minaj n’est pas derrière tout ça.”

Joe Budden : “You bitches can’t even spell Prague ! [NDLR : il fait référence à la vidéo virale de Nicki Minaj se rendant vers son jet privé, le tout en arborant ses longs cheveux]”

Nicki Minaj : “Exactement ! Et quand j’avais cette coupe dans cette vidéo, les gens me critiquaient en se demandant ce que je faisais avec tous ces cheveux sur ma tête.”

Joe Budden : “Elle va à Prague, bande de salopes *rires*”

Nicki Minaj : “*rires* Non mais quand j’étais à Prague, ils ont adoré cette coupe. Mais plus sérieusement Joe, j’en parle jamais habituellement. T’étais la seule personne avec qui je me voyais en parler parce que tu comprends tous les points de vues des différentes situations. Quand j’ai commencé à arborer cette coupe de cheveux, les coiffeurs appelaient ça la ‘Nicki Wig’. Aujourd’hui, tu peux pas appeler ça la ‘Nicki Wig’ parce que tout le monde se l’est appropriée. Et soyons clair : elle va très bien sur celles qui la porte, et vous devriez porter ce style de perruques. Mais personne n’a dit que Nicki Minaj a lancé cette tendance. J’ai lancé pleins de tendances, mais je n’en reçois pas les mérites. Et je vais te dire. En 2015, un rappeur m’a dit : ‘les femmes noires préfèreraient donner tous les mérites à Kim Kardashian plutôt qu’à toi. Elles préfèrent mentir et dire qu’elles ont été influencées par Kim’. Je tiens à préciser que Kim est très influente : elle a lancé énormément de tendances, et je ne vais pas le nier. Mais ce rappeur m’a dit ça en 2015, et je ne comprenais pas pourquoi. On en a pas parlé longtemps. Mais c’est pour ça que je voulais que les gens comprennent la raison pour laquelle la rappeuse la plus populaire n’a jamais été en couverture de Vogue : si on ne fait pas entendre nos voix, si on ne pointe pas du doigts les personnes influentes et qu’on préfère accorder les mérites à une personne en-dehors de notre communauté, on agit comme si l’impact n’existait pas. Et ce n’est pas bon. C’est ce qui se passe depuis des lustres. Quand les artistes noirs travaillaient sur leurs voix, leurs pas de danses, leurs textes, les blancs s’appropriaient leur travail en laissant ces hommes mourir pauvres. Leurs familles sont mortes pauvres parce qu’on ne leur a jamais accordé leurs mérites. J’étais aux VMA’s avec cette coupe de cheveux tandis que Kim K avait ses cheveux mouillés et plaqués — elle était sublime. Et la semaine d’après, à la Fashion Week, Kim K avait ses cheveux noirs qui tombaient jusqu’à ses fesses avec la frange mi-longue. Et c’est là que j’ai dit, dans cette chambre d’hôtel, que j’allais les faire descendre jusqu’à mes pieds. Comme ça quand on me copiera, on m’accordera ce qui m’est dû. Mais c’est toujours pas arrivé. Mais ça va au-delà du mérite. Comme toutes ces personnes qui étalaient leurs argents en formant des mots, et LL Cool J a montré qu’il l’avait fait il y a des années. J’ai trouvé ça cool. J’aime apprendre. Donc oui, Cher a porté des cheveux longs. Oui, Donna Summer aussi. Mais tu sais pourquoi tu portes tes cheveux de cette manière aujourd’hui, tu vois?”

Joe Budden : “Tout est une question d’influence et de pouvoir. Qui influençons-nous? Ça on ne sait pas. Quand tu écris sur Internet, tu ne sais pas qui te lit et voit ce que tu écris. Tu pourrais influencer la personne qui sera le visage d’une tendance qu’elle n’aura pas lancée. C’est pourquoi être propriétaire de ce que tu lances comme tendance est important. Ça me rappelle un truc profond que Kanye a dit  : ‘ils m’ont offert 100 millions de dollars pour avoir les droits exclusifs de mon album, mais je n’ai jamais rencontré Tim Cook’. Tu ne rencontreras jamais le PDG d’Apple. Ils veulent ton influence, pas nécessairement s’asseoir et t’écouter parler et partager tes idées. C’est important de savoir ce que tu amènes. C’est important de demander ce qui t’es dû. Le truc chiant c’est que tu dois te cogner plusieurs fois avant de pouvoir dire ce que tu dis aujourd’hui.”

Nicki Minaj : “Laisse-moi dire quelque chose avant qu’ils cherchent à déformer mes propos. J’ai le sentiment que j’aurais dû être en couverture de Vogue US, comme Lil’ Kim, pour être honnête. C’est ce que les magazines doivent représenter : l’influence.”

Joe Budden : “Et pourquoi ce n’est pas le cas?”

Nicki Minaj : “Que ce soit Kim ou moi, chaque jour avec ces nouvelles rappeuses, on voit notre influence. Donc je ne vais pas dire que ça ne concerne que moi sans donner à cette femme tous les mérites qui lui sont attribués.”

Joe Budden : “Mais qui s’occupe de ça? Qui est dans les meetings? Qui est derrière ces magazines à choisir qui sera en couverture?”

Nicki Minaj : “Exactement, merci. Laisse-moi te dire un truc. À chaque fois que j’ai rentré Anna Wintour, elle a été incroyable avec moi. Et au début de ma carrière, elle m’a soutenue et m’a laissé m’asseoir à ses côtés. Donc je veux t’expliquer ça correctement. Anna Wintour est dans la soixante-dizaine. Je ne m’attends pas à ce que Anna Wintour sache tout ce qu’il se passe dans le milieu du Rap. Je parle des gens qui l’entourent. Comme Karl Lagerfeld. Il ne m’aurait probablement jamais connu s’il ne m’avait pas rencontré par hasard dans la fête où nous étions. Mais quand il m’a vu, il a fait ce qui était juste. Il a tenu à faire un shooting avec moi parce qu’il aimait ce que je portais. Donc je ne m’attends pas à ce que Anna Wintour connaisse tout sur le Rap. Elle a un des plus gros jobs au monde. Elle a toujours été si douce avec moi. Mais du coup, qui est avec elle à ces réunions?! Parce que ces gens savent. Ils ont 20 ou 30 ans et ils sont au courant des tendances. C’est leur responsabilité de faire les recherches. Ils n’ont pas à s’accaparer ces tendances et à les appliquer sur d’autres personnes.”

Joe Budden : “Tu dois t’appliquer au maximum. Si c’est toi qui joue les yeux et les oreilles de cette femme, si c’est ton rôle d’amener ces différentes cultures en couverture des magazines, tu dois jouer le jeu à fond, même si c’est à ton détriment. Ça arrive trop souvent de tomber sur des gens qui doivent t’expliquer pourquoi telle ou telle personne est bénéfique pour ton entreprise. Et on devrait passer au-dessus de ça.”

Nicki Minaj : “Tu dis quelque chose de vrai. J’espère qu’ils comprendront ce que tu veux dire.”

Joe Budden : “Tu sais que ça sera pas le cas.”

Nicki Minaj : “*rires* C’est important parce qu’aucune de ces personnes, comme Anna Wintour, ne fait tout tout seul. Ils engagent des gens autour d’eux pour une raison. Tu dois être capable de discuter et dire que telle ou telle personne a fait ça en premier. C’est ta responsabilité.”

Joe Budden : “C’est clair. Comment vois-tu ton héritage aujourd’hui face à ce que ton héritage sera à la fin? Parce qu’à t’entendre parler, t’es loin d’en avoir fini. Je peux presque entendre ton cerveau d’ici. Tu as énormément d’idées et elles sont toutes en mouvement, donc tu ne peux même pas les partager. Tu as besoin de les aligner dans le temps pour qu’elles se suivent.”

Nicki Minaj : “Oui. Je suis une businesswoman sur plusieurs points, et sur d’autres je ne me permettais pas de l’être à temps. Et je ne blâme personne. Mais c’était mon travail de faire les bons mouvements. Mais j’étais trop occupée à écrire. Et quand tu écris tes propres sons, ça consomme énormément de temps et d’énergie, surtout si t’es un.e perfectionniste. Tu recommences encore et encore. Donc si j’avais pu comprendre un truc plus tôt dans ma carrière, ça aurait été de partager mon temps d’écriture avec celui de faire du business. C’est ce que je fais aujourd’hui. Quand j’ai fait la campagne MAC — qui est une campagne qui vient en aide sur la recherche contre le virus du SIDA — j’ai eu les meilleurs chiffres de l’histoire de la compagnie. Et les recettes sont distribuées pour les personnes atteintes du VIH ou du SIDA, pour informer les jeunes sur le sujet. Toutes les autres grandes stars l’ont fait, mais je suis celle qui a eu les meilleures recettes. J’ai sorti un rouge à lèvres et il était en rupture après 5 secondes. On a essayé des éditions limitées en ligne et c’était aussi en rupture après 5 secondes. J’ai porté des crocs : rupture de stock. J’ai porté la casquette rose : rupture de stock. J’ai porté la tenue Louis Vuitton avec les accessoires : si mes fans peuvent se permettre de l’acheter, tu sais que ça sera en rupture de stock. C’est le travail de personne de me dire que vendre en mon nom me ramène de l’argent, qui sera légué à mon fils, ensuite à ses enfants, etc. C’est ma faute. J’aurais dû m’occuper de ça plus tôt. Mais ce que je peux dire aux gens qui m’écoutent : jouez toujours sur vos forces. Je ne savais pas que Coi Leray avait lancé la tendance avec les tresses. Quelqu’un me l’a dit dans mon équipe. J’étais en pause et quand je suis revenu sur les réseaux, j’ai vu toutes les meufs avec ce style particulier de tresses. Mais t’imagines si notre communauté l’avait cité comme inspiration pour ces gens de l’industrie de la mode? Qu’ils devraient la mettre elle en couverture plutôt que ces autres filles? Je me rappelle quand FKA Twigs a commencé la trend des baby hairs.”

Joe Budden : “J’adore FKA Twigs.”

Nicki Minaj : “C’est une icône. Bien avant la trend que les baby hairs sont aujourd’hui, c’est FKA Twigs qui a lancé ça. Mais aujourd’hui, on te met n’importe quelle personne tendance avec des baby hairs en couverture de magazine. Est-ce que FKA Twigs a eu l’ovation qu’elle mérite? Et tu remarqueras que je t’ai cité 3 femmes noires. Tu vois ce que je veux dire? Pourquoi on n’arrête pas nos conneries pour leur accorder les mérites?”

Joe Budden : “Tu parlais de ça dans l’industrie de la mode et la coiffure. Beaucoup d’artistes comme India.Arie et bien d’autres ont soulevé le même point avec les plateformes de streaming et la manière dont nous sommes payés, traités, tout ça. Il y a eu cette discussion aussi avec les créateurs de contenu noirs sur Tik Tok et la manière dont l’algorithme les traite. Ce que je me demande le soir, en dormant, c’est comment améliorer les choses pour mes enfants et mes petits-enfants? Est-ce qu’il y a des standards que nous, artistes, médias ou autres, pouvons nous mettre en place? Et comment, surtout?”

XII. NICKI MINAJ & L’INDUSTRIE DE LA MUSIQUE

Nicki Minaj : “Comment? C’est ça la question. Je pense que tu devrais commencer à réfléchir sur la question. Tu serais étonné du nombre de personnes qui s’impliqueraient dans cette cause. Quand toi et moi avions discuté et qu’on s’était disputé, je t’avais dit que ça me blessait venant de toi, parce que quand tu parles d’un artiste, c’est différent. Parce que quand Shaq ou Charles Barkley parlent de basket, les joueurs savent que ces mecs respectent le sport d’une autre manière, parce qu’ils ont déjà joué le jeu. Ils comprennent. Et pas seulement quand c’était drôle. Et je t’ai dit que t’étais un des ‘gatekeeper’ [NDLR : un gatekeeper est une personne qui a de fortes positions et convictions sur un sujet particulier] qui de la culture, et t’as dit que c’était pas le cas. Et je t’ai dit que tu ne t’en rendais pas compte, et c’est ça le problème. En tant que noirs, on ne voit souvent pas notre pouvoir que l’on a avant qu’il ne soit trop tard. C’est pour ça que j’ai apprécié quand tu as parlé sur Queen Radio, et quand tu t’es exprimé sur les Grammy’s. Pas parce que ces choses sont importantes pour moi, mais parce que je voulais que le monde voit que ce que tu avais à dire est important. Et la seule façon de le faire, c’est en le disant. Je dois montrer que les choses sont importantes en les repostant et en te remerciant de les avoir dites. Quand tu t’es exprimé sur les Grammy’s, beaucoup de personnes se sont exprimées par la suite en étant d’accord avec toi. Tu comprends? C’est pour ça que j’ai des attentes vis-à-vis de certaines personnes. Vous avez une certaine influence. Et je ne m’attends pas à ce que vous partagiez le même avis que moi. Ça me va si vous m’interpellez en me disant que j’aurais pu faire mieux dans mes sons. 

Joe Budden : “Tu préfères un texto ou un tweet? *rires*”

Nicki Minaj : “Peu importe. Je pense que tu sauras comment m’interpeller. Et je ne m’attends pas à ce qu’on ne soit que positif avec moi, j’aime qu’on soit constructif, tu vois? Tu connais mon approche vis-à-vis du rap, donc j’aime que ce soit constructif. Donc si une personne que je considère comme un grand lyriciste m’interpelle sur ce genre de sujets, je vais écouter et utiliser ses conseils. Quand je dis que t’es un des ‘gatekeeper’, tu l’avais mal pris. J’espère que tu es plus à l’aise dans ce rôle aujourd’hui, parce que je pense que les gens n’étaient pas positifs à ton égard. Ils ne faisaient que t’insulter quand tu leur disais quelque chose qu’ils n’appréciaient pas, plutôt que se demander à quel degré tu dis ces choses. Il y a une certaine importance dans tes mots. Mais les gens ne font pas ça. Moi j’ai envie de le faire. De montrer qu’il faut être critique, en commençant par moi-même. Je ne l’ai pas fait assez. Je n’ai pas assez dit aux gens à quel point ils sont important pour notre communauté. Donc j’ai commencé par moi-même, tout en faisant attention à le faire pour ces gens qui font bouger les choses. Ça me rappelle une histoire avec Wendy Williams. Elle avait parlé en bien de moi, et mes fans m’avaient interpellé en me disant à quel point elle avait été odieuse à mon sujet par le passé. Et je leur ai dit que si je me soucie des choses négatives qu’elle dit à mon sujet, c’est parce que j’accorde de l’importance aux choses positives également. Donc je vais te remercier pour les choses positives, comme je vais t’insulter pour les propos négatifs. C’est donc important pour moi que nous commencions à se dire les choses dans notre communauté, pour montrer aux autres communautés que nous comptons les uns pour les autres.”

Joe Budden : “Écoute, je déteste être dans les clichés, mais être mère te fait rayonner. *rires*”

Nicki Minaj : “*rires* Merci. Mais c’est vrai. Mon fils m’a changé.”

Joe Budden : “Tu as l’air d’être bien dans ton corps et ton esprit. Et je ne parle pas que de notre interview. La dernière fois que je t’avais vu, t’étais un peu tendue, un peu sur la défensive. *rires*”

Nicki Minaj : “*rires* Mais c’était iconique !”

Joe Budden : “C’était légendaire. Mais quand ça s’est terminé, et que je n’étais plus dans le feu de l’action, je me suis dit que tu traversais beaucoup de choses. Ça se ressentait. J’avais déjà vécu ce genre de moments dans ma carrière où j’étais plus sur la défensive que d’habitude. Donc aujourd’hui, j’essaye d’être beaucoup plus emphatique envers les artistes et leur situation. C’est important.”

Nicki Minaj : “Ouais. Parce qu’à un moment, t’étais complètement l’opposé, et je me suis demandé ce qu’il se passait dans la tête, parce que t’as vécu ça. J’étais étonnée.”

Joe Budden : “Ouais, je m’en rappelle. Mais écoute, c’est en disant ce genre de choses que tu vas faire croire à tes fans que je suis pas fan de toi. La plupart savent que je t’adore, mais il y en a encore quelques uns qui ne le croient pas. Alors dis-leur.”

Nicki Minaj : “Écoutez : Joe a fait quelque chose qui efface toutes les choses folles qui ont pu être dîtes dans le passé. Il m’a défendu sur un sujet pour lequel je me bats depuis des années. Et personne d’autre ne l’a fait. Personne ne voulait s’exprimer. Il n’avait pas à le faire. Il savait qu’il y aurait des retours négatifs d’autres personnes qui contrôlent certains médias. Mais il s’en foutait. Et rappelez-vous que c’est pas mon meilleur ami : il ne savait pas si j’allais m’en soucier ou si j’allais le remercier. Il ne l’a pas fait pour gagner des points ou une interview. Je n’étais même pas au courant quand c’est arrivé. Quand j’ai vu qu’il s’était exprimé, c’était incroyable parce que tout le monde se permettait de s’en prendre à moi. Mais 50 Cent m’a défendu. The Game aussi. Et Boosie. Donc quand je vois ce genre de personnes qui te défendent, même s’ils savent qu’il peut y avoir des répercussions, je me souviendrai toujours de ces personnes et je les remercierai à jamais. Quand quelqu’un s’en prend à toi alors que t’es au plus bas, et qu’une autre personne s’interpose, tu n’oublies pas. Moi je n’oublie pas. Donc durant toute cette situation avec les Grammys, et quand tout le monde se moquait et s’en prenait à moi, Joe m’a défendu. Il a dit ce qu’il avait à dire. Et ça a fait réagir beaucoup de personnes. Parce qu’ils savaient qu’il n’avait pas dit ça pour me faire plaisir. Ils respectent son opinion. Parce que t’es quelqu’un qui sera toujours objectif, peu importe que tu sois en bons termes ou pas avec la personne. Parce que nous deux, nous ne parlions pas. Je ne savais pas qu’il avait dit ça. Tu t’es exprimé parce qu’au vu du manque d’objectivité vis-à-vis de notre culture, tu t’es senti obligé de t’exprimer. Donc que je reçoive un Grammy ou pas, je me souviendrai à jamais que cette personne m’a défendue.”

Joe Budden : “J’étais énervé, tu te fous de moi? »


XIII. NICKI MINAJ & LES GRAMMY AWARDS

Nicki Minaj : « Je tiens à préciser un truc. Chaque personne qui a un Grammy Award devrait être fière. Le fait que ma communauté, celle du Hip-Hop, sait ce que j’ai fait pour notre culture, c’est ce que je veux. Je n’ai même pas la haine pour les Grammy’s. Tant que ma communauté sait. »

Joe Budden : « C’est vrai, mais on a besoin de gens dans l’équipe des Grammy’s qui pourrait savoir que Essence de Wizkid, c’est le son de l’année. Ce genre de diversité. »

Nicki Minaj : « C’est vrai ! Et tu sais quoi? On devrait avoir notre propre panel aux Grammy’s. Tu vois? Toi tu pourrais le faire. Tu pourrais réunir une équipe et, tous les 4 mois, vous parlez de qui devrait être nommé, qui devrait recevoir quel prix. Parce que sinon, on se retrouve avec des incompétents qui s’occupent de ce genre de choses. Qui décide de ces nominations? Ça ne vous intéresse pas de savoir?! »

Joe Budden : « T’as totalement raison. »

Nicki Minaj : « Quelqu’un m’avait montré ça une fois. Un de mes fans avait tweeté qu’une certaine chanson n’était pas dans le top 100 Spotify, pas dans le top 100 Apple Music, mais le nombre d’auditeurs à la radio était 5 fois supérieur au mien. Et après, les gens viendront dire que cette chanson est meilleure que la mienne parce qu’elle est plus haut placée dans le Billboard Hot 100. Donc tu me dis que si un artiste balance une chanson, et que les gens l’écoutent, qu’elle est dans le top 10 d’Apple et Spotify pendant 2 semaines, ce sont les radios qui vont décider de jouer le titre, ou non, et impacter la perception de popularité d’un artiste? Ça n’a aucun sens. Mes fans disent tout le temps que je m’en fous de passer à la radio. Pourquoi je ne voudrais pas passer à la radio? Mais il faudrait en parler dans un autre show. J’aimerais en parler ouvertement. Billboard ont encore changé leurs règles sur ce qui compte, ou pas, dans le classement d’une chanson. Pour moi, quand ils voient que les fans et les artistes ont le pouvoir, ils changent les règles pour reprendre le dessus. Mes fans disent toujours que ces artistes payent pour passer à la radio, et que moi je n’ai pas besoin de payer. Mais l’industrie ne marche pas comme ça. Certaines choses se payent avec de l’argent liquide, d’autres se passent par le relationnel. Il y a énormément de choses qui se passent dans cette industrie dont je ne peux pas parler. Mais il suffit de réfléchir. S’il me suffisait de payer pour avoir ce que je voulais, pourquoi je ne payerai pas? »

Joe Budden : « Tu payerais. »

Nicki Minaj : « Évidemment. Mais Joe, dis-moi. Si une radio passe une chanson en boucle, combien de fois tu te retrouves à écouter un son que t’aimais pas au départ? »

Joe Budden : « Des millions de fois. »

Nicki Minaj : « Donc aujourd’hui, ils ne veulent plus que les fans aient le pouvoir. Quand 6ix9ine et moi, nous avons obtenu notre #1, ils avaient la rage. Mais ils ont changé les règles parce que certaines personnes ont de grosses fanbases qui achètent. Et ça me va, pas de soucis. Mais ce qui me dérange, c’est quand une chanson, qui est organique et reste des semaines dans le top 10 des services de streaming, a moins d’impact sur les radios qu’une chanson qui n’a aucun retour du grand public. Et mes fans ont la haine si je débute #2 et pas #1. Mes fans font tellement pour moi. Je n’aime pas quand ils pensent qu’ils ne se donnent pas assez pour moi. »

Joe Budden : « Vous vous êtes donnés à fond. Mais ces gens, dans les labels, les services de streaming et Billboard, ne pourront jamais s’aligner à vos efforts et vous donner ce que vous désirez. Désolé de vous l’apprendre. »

Nicki Minaj : « Récemment, tu as vu la différence avec ces gens qui bénéficient de toutes ces promotions. Quand ils balancent un son et qu’il n’y a aucune promotion derrière, les sons ne marchent pas. Donc il y a beaucoup de choses que vous ne comprenez pas sur l’industrie de la musique. Mais ne pensez pas qu’un artiste ne voudrait pas passer à la radio. Et je veux être claire : dédicace aux stations radio qui m’ont montré de l’amour et du soutien aux derniers sons que j’ai sorti. Spotify également. C’est des choses que l’on ne contrôle pas, mais il faudrait en parler. »

Joe Budden : « Je suis d’accord. Il faut être capable d’en parler, en tant qu’artistes. »

Nicki Minaj : « Un jour, j’aimerai entendre ton opinion sur tous ces sujets. »

Joe Budden : « Là, je reste silencieux et ça me dérange. *rires* La conversation est tellement incroyable que je veux simplement profiter. Mais il faudrait vraiment en parler. »

Nicki Minaj : « On peut même faire un live. Juste pour parler ouvertement sans se cacher, sans cracher sur d’autres gens. Parce qu’il est pas question de critiquer d’autres artistes. Il faut arrêter. Parce que je suis heureuse. J’ai obtenu le meilleur démarrage de l’année pour une rappeuse avec Do We Have A Problem. J’ai battu de nouveaux records. Donc soyons reconnaissant. Tout ne tourne pas autour de ce qu’on aurait pu faire. Pourquoi on ne serait pas reconnaissant que quelqu’un avec 14 ans de carrière démarre à la première place de 4 classements et à la seconde d’un autre classement? Vous prêtez plus d’attention au Hot 100, mais j’ai obtenu 4 plaques pour Do We Have A Problem. Ça compte toujours. Donc je sais pas ce qui vous a fait croire qu’un seul de ces classements comptait, parce que c’est pas le cas. Merci beaucoup les Barbz, je vous aime tellement. Mais Joe & moi, nous devons parler de ça plus sérieusement. »


XIV. NICKI MINAJ & LA MATERNITÉ

Joe Budden : « On le fera. Je tenais à te remercier pour cette conversation. Pour ta grâce. Ta gentillesse. Tout ça. Barbz, je vous avais dit qu’on avait fait la paix. Vous ne m’aviez pas cru. »

Nicki Minaj : « Si, nous avons fait la paix. Et c’est pour ça que j’ai fait cette interview. T’es le seul avec qui je tenais à faire ça. »

Joe Budden : « Je me suis fait la réflexion en plus. Je ne t’ai pas vu à la télévision. »

Nicki Minaj : « Non, pas encore. Il y a des gens que j’aimerais voir à New-York, mais je ne m’y suis pas encore rendue. Donc, il y aura également des interviews à New-York. Mais je tenais à faire ça avec toi. Il y aura une autre entrevue une fois que certaines choses seront lancées. »

Joe Budden : « J’ai l’impression que tu seras occupée ces prochains mois. Et j’ai hâte de voir ça. De la part de toute mon équipe, je tenais à dire que je t’aime. Et j’apprécie que tu sois venue. Ne pense pas que tu es acquise dans notre communauté et que les gens peuvent te manquer de respect. Parce que c’est pas le cas. »

Nicki Minaj : « Je t’aime aussi. Et merci à ton équipe. »

Joe Budden : « Regarde-moi ces ongles. »

Nicki Minaj : « Ils ne sont pas si longs que ça. Mais j’ai décidé de ne plus porter de faux-ongles. Je vais simplement les garder courts, sans vernis. »

Joe Budden : « C’est ça l’effet de la maternité sur toi? »

Nicki Minaj : « Ouais. Mais je ne veux pas blesser mon bébé. »

Joe Budden : « C’est pareil pour les enfants. Quand mon fils était petit, si on ne lui coupait pas les ongles, il me griffait constamment le visage. »

Nicki Minaj : « Oh, le mien griffe tout le temps son père. Quand son père ne lui donne pas ce qu’il veut, il frappe sa jambe et essaye de le mordre. Mon mari me regarde et moi je fais genre de rien. *rires* »

Joe Budden : « Tu dois aimer tes enfants. *rires* »

Nicki Minaj : « *rires* Mais blague à part, c’est la meilleure chose qu’il me soit arrivée. »

Joe Budden : « Ça a l’air, t’en parles tout le temps. T’es là en mode : ‘c’est la meilleure chose qui me soit arrivée. Qui étais-je avant ce bébé?’ *rires »

Nicki Minaj : « C’est vrai. Mais il a grandi 9 mois dans mon ventre. Quand j’étais seule au lit et que je m’inquiétais de tout et rien, il me rassurait de l’intérieur. »

Joe Budden : « Ma dernière question, et ça concerne les enfants. Parfois je regarde mes enfants, et je vois des traits de caractère qu’il tient de moi et que je dois corriger. Ça t’est arrivé? »

Nicki Minaj : « Évidemment. Je n’aime pas la détermination qu’il a à son âge. Et je pense qu’il tient ça de son père. Il est tellement… New-Yorkais. Il a cette vibe. Mais il est né à Beverly Hills. »

Joe Budden : « Mais ça a l’air bien ! »

Nicki Minaj : « Ça fait beaucoup Joe. »

Joe Budden : « Mais t’es New-Yorkaise dans le sang toi. »

Nicki Minaj : « *rires* Je sais mais ce bébé… Je sais pas il se prend pour qui. »

Joe Budden : « Il tient ça de ses parents. C’est vous. »

Nicki Minaj : « Ouais. Je m’en occuperai dans les 2 prochaines années, quand je pourrais le mettre au coin. Parce que pour le moment je ne peux pas. Il ne fait que gigoter et te regarde mal. J’ai essayé de le faire s’asseoir dans un coin pour le punir. Il est resté 2 secondes, a rigolé et est parti en courant. En plus il a appris le mot ‘sale’, donc tu le vois courir vers la poubelle pour que quand son père et moi on l’engueule, il puisse dire ‘sale, sale’ en montrant la poubelle. »

Joe Budden : « Dédicace à son papa. On dirait qu’il gère bien. »

Nicki Minaj : « Oh, son père, c’est son meilleur ami. Il l’adore. »

Joe Budden : « Vous détestez ça, quand le bébé préfère le père. »

Nicki Minaj : « J’ai la haine. Je suis celle qui t’a porté et qui a traversé tout ça. Ce sont mes pieds qui ont gonflé. »

Joe Budden : « Tes pieds sont beaux. Tu es belle. »

Nicki Minaj : « Quel âge à ton fils? »

Joe Budden : « 4 ans. »

Nicki Minaj : « Mais tu en as un plus vieux? »

Joe Budden : « Oui, il a 20 ans. 4 ans et 20 ans. »

Nicki Minaj : « Et ton fils de 4 ans, ça a été une petite terreur jusqu’à aujourd’hui? »

Joe Budden : « Jusqu’à ses 3 ans. Il était calme à ses 2 ans, et je m’en vantais beaucoup. Et quand il a eu 3 ans, il faisait ce qu’il voulait. Les garçons font ce qu’ils veulent. Ils sont têtus. »

Nicki Minaj : « Exactement ! Et à chaque fois qu’il se fait mal, il est têtu donc il continue de forcer et grimper partout. Et moi, je pleure quand il se blesse. »

Joe Budden : « Ouais, il est en plein dedans. Mais ça va aller. Bon, mesdames et messieurs, c’était l’incroyable Nicki Minaj. C’est dans la boîte ! »

Nicki Minaj : « Merci Joe. Merci pour tout. Tu as fait du bon travail. »

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